Belgique

Cadre juridique

Un événement en apparence “informel” peut être juridiquement qualifié d’activité liée au travail, notamment lorsqu’il :

  • est organisé ou financé par l’employeur ;
  • poursuit un objectif professionnel (team building, engagement) ;
  • crée une pression (même implicite) à participer ;
  • se déroule sous l’autorité de l’employeur.

Dans ce cas, l’événement peut être assimilé au temps et au lieu de travail, même en dehors des heures normales ou hors des locaux de l’entreprise.

En conséquence, un accident survenu pendant l’événement, voire sur le trajet de retour, peut, selon les circonstances, être qualifié d’accident du travail, les travailleurs étant considérés comme restant sous l’autorité de l’employeur.

Il reste cependant recommandé d’organiser ce type d’événement en dehors des heures de travail et de rappeler clairement le caractère volontaire de la participation, sans exclure toutefois qu’un lien avec le travail puisse malgré tout être retenu selon les circonstances concrètes.

Rôle de l'employeur

En Belgique, l’employeur est tenu à une obligation générale de sécurité (règlementation relative au bien‑être au travail), qui peut également s’appliquer aux événements organisés en dehors du cadre strict des prestations habituelles.

Cela implique la mise en place de mesures raisonnables visant à garantir :

  • La sécurité physique (lieu adapté, installation sécurisée) ;
  • La sécurité psychosociale (respect des personnes, prévention de comportements inappropriés) ;
  • La prévention des risques, notamment lorsque certains facteurs spécifiques sont présents.

Plus l’implication de l’employeur est importante, plus son devoir de vigilance sera élevé.

Les actions concrètes recommandées sont les suivantes :

  • Définir des règles de conduite claires (respect, comportement approprié, consommation responsable)
  • Assurer une organisation encadrée (supervision, personne de contact)
  • Préciser idéalement le début et la fin de l’événement afin de délimiter l’autorité de l’employeur
Alcool : autorisé… mais à encadrer strictement

La consommation d’alcool est fréquente lors d’after‑works, mais elle constitue également le principal facteur de risque dans ce type d’événements.

Obligation clé : l’employeur doit veiller au respect effectif de la politique préventive en matière d’alcool et de drogues, généralement intégrée au règlement de travail, y compris dans le cadre d’événements festifs.

La responsabilité de l’employeur peut être engagée s’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour prévenir une consommation excessive, par exemple en cas d’accident impliquant un travailleur.

En outre, ces événements peuvent donner lieu à des problématiques RH sensibles (telles que des conflits entre collègues ou des comportements inappropriés), que l’employeur devra ensuite gérer. Le cas échéant, cela pourra nécessiter la mise en œuvre de mesures disciplinaires, pouvant aller du simple avertissement jusqu’au licenciement (y compris pour motif grave), ou encore le recours à des procédures internes, telles que des interventions psychosociales, formelles ou informelles.

Bonnes pratiques recommandées (lorsque la consommation d’alcool est autorisée) :

  • Proposer des alternatives non alcoolisées ;
  • Encourager une consommation modérée et éviter les excès ;
  • Prévoir ou promouvoir des solutions de retour sécurisé (bob, taxi, covoiturage) ;
  • Intervenir de manière proactive lorsqu’un travailleur apparaît manifestement inapte à conduire.
Points à retenir

Un after‑work organisé à l’occasion de la Coupe du monde n’est jamais totalement neutre sur le plan juridique.

Dès qu’un lien avec le travail est établi, l’employeur assume :

  • une obligation de sécurité étendue ;
  • un risque de qualification en accident du travail ;
  • des responsabilités accrues en matière de prévention (alcool, comportements).

Avec une préparation adéquate et quelques réflexes simples, ces événements restent néanmoins un excellent levier de cohésion, dans un cadre à la fois convivial et sécurisé.

Pays-Bas 

L'article des Pays-Bas est lisible en anglais et en néerlandais

Luxembourg

Cadre juridique

À l’occasion de la Coupe du monde, de nombreux employeurs envisagent d’organiser des afterworks afin de renforcer la cohésion d’équipe et profiter d’un moment convivial autour des matchs. Si ces initiatives sont généralement bien accueillies par les salariés, elles soulèvent néanmoins plusieurs enjeux en droit du travail luxembourgeois qui ne doivent pas être négligés.

En effet, même lorsqu’il se tient en dehors des horaires habituels, un afterwork organisé à l’initiative de l’employeur demeure rattaché à la sphère professionnelle. À ce titre, l’employeur reste tenu par son obligation générale d’assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale de ses salariés. Sa responsabilité pourrait ainsi être engagée en cas d’incident survenu lors de l’événement, qu’il s’agisse d’un accident, d’un comportement inapproprié ou encore d’une situation de harcèlement.

Rôle de l'employeur

La consommation d’alcool constitue à cet égard un point d’attention particulier. Si elle est souvent inhérente à ce type d’événement, elle doit impérativement être encadrée. Par ailleurs, dans le contexte actuel de canicule, il convient de souligner que, même si les matchs se déroulent en soirée, la chaleur accumulée durant la journée peut constituer un facteur de stress pour l’organisme, les participants étant potentiellement déjà déshydratés au moment de l’événement. Une vigilance accrue quant à l’hydratation et à la mise à disposition suffisante d’eau s’impose dès lors. L’employeur a intérêt à prévoir des mesures de prévention concrètes, telles que la limitation des quantités servies, la mise à disposition d’alternatives non alcoolisées et le rappel des règles internes applicables (code de conduite, politiques relatives à l’alcool ou au respect au travail). Les règles de conduite devront être communiquées par un moyen adapté à la structure de l’entreprise, notamment par envoi de courriers électroniques et d’affichage sur les murs. À défaut, l’inertie de l’employeur pourrait lui être reprochée en cas de débordement.

En outre, le caractère festif d’un afterwork ne suspend pas les obligations contractuelles des salariés. Ces derniers restent tenus d’adopter un comportement conforme aux règles de l’entreprise. Les propos déplacés, gestes inappropriés ou comportements agressifs, y compris dans un contexte informel, peuvent ainsi justifier des mesures disciplinaires. L’employeur devra toutefois veiller à respecter les principes de proportionnalité et de preuve, en s’appuyant sur des faits précis, réels et sérieux.

La question du temps de travail mérite également une attention particulière. En principe, un afterwork organisé en dehors des heures de travail ne constitue pas du temps de travail effectif. Néanmoins, si la participation est attendue, fortement encouragée ou perçue comme implicite, cette qualification pourrait être discutée. Une telle situation peut notamment avoir des implications en matière de durée du travail ou d’accident du travail. Il conviendra donc de préciser par tout moyen adapté que la participation n’est pas obligatoire.

Finalement, la fin de l’événement ne doit pas être négligée. Lorsque de l’alcool a été consommé, l’employeur a tout intérêt à sensibiliser les participants aux risques liés à la conduite et à encourager des solutions de transport alternatives (transports en commun, taxis, etc.). Cette démarche s’inscrit dans une approche globale de prévention des risques.

Points à retenir

En définitive, un afterwork organisé pendant la Coupe du monde peut constituer un levier efficace de cohésion, à condition d’être anticipé et encadré avec rigueur. Une communication claire en amont, un rappel des règles applicables et la mise en place de mesures de prévention adaptées permettront de concilier convivialité et sécurité juridique.

Vous avez besoin d'aide pour réviser vos politiques ou gérer un incident sur le lieu de travail ? Notre équipe Droit du travail et avantages sociaux se fera un plaisir de vous aider.